Un grand Mystère

Dimanche 10 décembre, 18h30
Temple des Batignolles
44 boulevard des Batignolles
75017 Paris
Métro Rome (ligne 2) ou Place de Clichy (ligne 2 ou 13)
Libre participation.

Entre 1481 et 1485, Botticelli peint une Vierge à l’Enfant intitulée Madone du Magnificat. Surplombée d’une couronne céleste étincelante et entourée de cinq anges d’une immense beauté, Marie rédige la fin du Magnificat. Cette prière exprime la joie et l’allégeance de Marie au commandement de Dieu qui l’a choisie pour porter son fils. Le nouveau-né semble guider la plume de sa mère de sa main droite ; de la main gauche, il tient une rouge grenade. Dans cette œuvre sont représentés plusieurs thèmes de ce programme de Noël de l’Ensemble Vocal Bergamasque.

Botticelli - Madone du Magnificat

Botticelli – Madone du Magnificat

La lumière chaude qui inonde les protagonistes est aussi celle que l’Américain Eric Whitacre (né en 1970) met en musique dans Lux Arumque (Lumière et Or), œuvre composée sur un texte anglais d’Edward Esch traduit en latin. La prière du Magnificat sera également interprétée dans la version composée par Pärt (né en 1935). Cette partition hiératique aux accents orthodoxes est néanmoins traversée par un souffle passionné. Quant à la grenade, dont certaines interprétations disent qu’elle symbolise la Passion du Christ, elle nous rappelle que la naissance du Messie est aussi une étape de la prophetie qui doit aboutir au sacrifice ultime du Christ. Ce thème est celui de Fayrfax Carol de Thomas Adès (né en 1971), berceuse dans laquelle Marie a la prémonition des souffrances futures de son fils. Ainsi Noël n’est pas le temps d’une joie insouciante, c’est un moment grave dont témoignent les visages recueillis et nobles peints par Botticelli. C’est un instant d’un processus cyclique où vie et mort se rejoignent, à l’image du cycle liturgique ou de la forme circulaire du tableau. Notre concert retrace donc chronologiquement quelques épisodes de la Nativité et les émotions qui les accompagnent : la gratitude de Marie après l’Annonciation, la naissance mystérieuse, la maternité, la joie des bergers, l’admiration des mages, la folie meurtrière du roi Hérode, la consolation du vieux Siméon qui reconnaît en Jésus le Messie. Cette trame d’une grande cohérence dramaturgique convoque des œuvres musicales de styles aussi différents que ceux de Schütz (1585-1672), Grieg (1843-1907), Poulenc (1899-1963), ou Pärt. Tous à leur manière viennent éclairer le mystère de Noël.

 

Entrée dans l’histoire

Huron Carol – Traditionnel canadien, arr. Robert B. Anderson

Hommage à la vierge

Ave Maris Stella – Edvard Grieg

Naissance lumineuse

Magnificat – Arvo Pärt

Lux Arumque – Eric Whitacre

Mystère / miracle dans l’étable

O magnum mysterium – Morten Lauridsen

Quatre motets pour un temps de Noël – Francis Poulenc

O magnum mysterium Mystère dans l’étable

Quem vidistis pastores dicite Les bergers en parlent

Videntes stellam Les rois mages se mettent en chemin

Hodie Christus natus est Aujourd’hui il est né !

Naissance du sauveur / hommage à la vierge

Kristallen den fina – Traditionnel suédois, choral luthérien et chant grégorien, arr. Gunnar Eriksson

Berceuse : ce n’est encore qu’un petit enfant

Gjendines Bådnlåt – Gunnar Erisson

Sing Lullaby – Herbert Howells

Les rois mages arrivent

Here is the little door – Herbert Howells

Berceuse prémonitoire de Marie

Fayrfax carol – Thomas Adès

Berceuse au Christ mort

Corpus Christi Carol – Trond Kverno

Massacre de sinnocents – Rachel

Auf dem Gebirge – Heinrich Schütz

Présentation au temple – Cantique de Siméon

Nunc dimittis – Arvo Pärt

Jul, Jul – Gustav Nordqvist